lundi 18 décembre 2017

 

Chez l’Homme, le ciel a toujours représenté une frontière propice aux aventures imaginaires. Depuis un peu plus d’un siècle, cette frontière s'est élevée dans d’espace. Une partie du rêve est devenue réalité, lorsque des vaisseaux habité sont commencé à orbiter autour de la Terre, puis à s’aventurer jusqu à la Lune. Puis, le phénomène est devenu banal, ne générant plus qu’une apparente indifférence. L'aventure a été oubliée, ou est passée au second rang devant des considérations très matérialistes, ou tout simplement financières. Ce sont ces dernières considérations qui ont conduit à l'échec flagrant du vaisseau habité le plus avancé conçu par l'Homme : la navette spatiale.

Que reste-t-il du rêve d'aventure, d'exploration, ou de conquête de l'espace aujourd’hui ?  Rien, diront certain.

Ceci n'est pas exact, diront d'autres. En fait, il reste bien divers projets, mais hélas, ils ne portent pas les fantasmes décérébrés et immédiatement accessibles des télé-réalités dont tous les écrans nous saturent. De tels rêves, qui nécessitent de penser, voire de réfléchir, ne sont plus vraiment médiatisés. Ou alors ils apparaissent sous la forme d'un sujet incompréhensible durant quelques secondes par quelque robot-journaliste des chaînes d'infos permanentes.  Il y a toujours des projets de vaisseaux spatiaux habités dans divers pays de la planète. Faisons rapidement le tour du sujet, afin de vous montrer que le rêve est toujours là, même sil faut de bons yeux pour le voir en filigrane…

 Chez les américains :

 Le Spaceship

Largué par avion porteur, le spaceship n'est pas à proprement parler un vaisseau spatial, mais plutôt un avion qui parvient à la limite de l'espace (100km) grâce à un puissant moteur fusée. Il matérialise surtout un rêve qui devient accessible pour beaucoup de personnes, c'est-à-dire accéder physiquement l'espace, le temps dune petite balade. Le problème, c'est que le spaceship 1 a connu un test désastreux en 2014 qui s'est terminé par la destruction de l'appareil et la mort d'un de ses pilotes. L'accident serait dû à une faute de pilotage. Un second prototype modifié, le spaceship 2, est en en cours de finition. Deux autres exemplaires sont en assemblage, ce qui montre la persévérance de Richard Branson, son milliardaire initiateur. Il n y a pas de date avancée pour un nouveau vol.

Le Dream Chaser

 

 

Il s'agit dune navette spatiale version « mini », décollant au bout d'un booster. Le vaisseau, développé par le secteur privé américain, est construit à ce jour et est en cours de validation pour le vol atmosphérique, bien qu’il ait cassé son train à l'atterrissage en 2013. Il ne présente rien de bien révolutionnaire, car les américains avaient déjà eu un programme similaire avorté dans les années 60 dénommé dyna-soar. Le Dream Chaser ressemble beaucoup à l'ex-navette Hermes, et a connu plus de vicissitudes financières que techniques, avec des redéfinitions du vaisseau et de sa mission, en impliquant notamment l'agence européenne ESA. Un premier vol orbital serait prévu pour la fin de cette année (2016), mais rien n'est confirmé.

 La capsule Orion

 

Il s'agit d'un engin reprenant le design de la vieille capsule/vaisseau Apollo/Eagle qui est allé sur la lune en l'améliorant considérablement L'engin placé au sommet d'une fusée classique a été testé avec succès en mode automatique en décembre 2014 en effectuant un vol de 4 heures autour de la terre (deux orbites). Il est prévu de faire un tour de la Lune en mode automatique pour 2018, et des vols habités vers la Lune après 2020.

 En Europe :

 Le Skylon

         

 

C'est un projet britannique très ambitieux et déjà assez ancien dans son idée, puisqu’il s'agit la continuation du projet HOTOL. Si le HOTOL a décrié et souvent présenté comme une farce, force est que constater que le Skylon semble bien avoir un avenir. Il s'agit d'un vaisseau plus grand que la navette spatiale, qui décolle et s'élève comme un avion pour gagner l'orbite en accélérant jus qu à 25.000 km/h…  Assez impressionnant, car cela na jamais été fait à ce jour. Il matérialise le rêve du SSTO, ou single stage to orbit, soit en bon français « un seul étage jus qu à l'orbite », c'est-à-dire que on parvient à l'espace sans avoir abandonné un seul morceau du véhicule, contrairement aux fusées traditionnelles. En effet, en raison de la traînée aérodynamique importante due à l'atmosphère lors de la montée vers l'espace, il na jamais été considéré comme très efficace de procéder ainsi. C'est pour cela que tout bon vaisseau spatial quitte la terre en mode « fusée », à la verticale, pour rejoindre une orbite.  Cependant, si vous vous rappelez le film « Le choc des mondes » de 1950, on y voit bien une sorte de V2 avec des ailes partir de la terre depuis une rampe d’accélération horizontale, et grimper comme un avion,. Sil faut la même énergie qu’un départ en mode « fusée » pour arriver dans l'espace, la résistance de l'air dure bien plus longtemps lors dune montée progressive, et oblige donc à consommer davantage de carburant. Le truc du Skylon, c'est son propulseur entièrement nouveau, dont le principe a finalement été dévoilé (il relevait auparavant de la blague ou de la fantaisie chez les experts… ).  Très sommairement, il consiste à embarquer que du carburant en utilisant l'air atmosphérique comme comburant. L'intérêt est de diviser par 2 la masse du combustible nécessaire (90 % de la masse dune fusée est représentée par le combustible). Cependant, pour rendre l'air environnant utilisable en phase d'accélération, il faut le refroidir pour le concentrer davantage, car un compresseur ne suffit pas. Le « truc » du propulseur SABRE (ainsi dénommé sur le Skylon) est d'avoir un système de pré-réfrigération qui permet d'abaisser la température de l'air, et donc sa densité, de 1000° à -150° en 1/100 de seconde.,, Le principe a été validé et testé officiellement. Cependant, le développement va encore être long et coûteux et il n y a pas de date de vol annoncée, car il faut créer tout le propulseur au préalable, qui tient à la fois du réacteur et du moteur fusée, et il n y a pour l'instant que environ la moitié du financement nécessaire.  S'il s'agit de sornettes, le gouvernement anglais, approuvé par la commission européenne, lui a quand même refilé £ 50 millions, démonstration à l'appui, donc on est en droit d'espérer que cela soit un minimum sérieux…  Les autres pays européens n'ont pas levé la tête vers l'espace depuis l'abandon de la navette Hermes début il y a plus de 20 ans… au 

 Chez les chinois

 Le vaisseau Shenzhou

 

C'est une copie modifiée du vaisseau russe Soyouz. Il a envoyé dans l'espace plusieurs équipages chinois depuis 2003. (Dans le film Gravity, Sandra Bullock revient sur Terre grâce à un hypothétique vaisseau de type Shenzou.)  Les chinois dépensent pas mal d'argent pour l'espace (proportionnellement bien plus que les américains) à travers une agence d'état similaire à la NASA. Après l’engouement suscité par le vol du premier « Taikonaute » de 2003, il était prévu d'effectuer une mission lunaire habitée pour 2017. Sauf q'uil fallait développer une fusée très puissante pour réaliser ce type de mission (genre Saturn 5 ou N-1), et q'un tel projet était en soi extrêmement compliqué, les américains ayant fermé la porte à toute coopération. On n'en sait guère plus pour le moment, et le ralentissement économique chinois ne va pas aider...

 Chez les japonais

 Les japonais possèdent des équivalents des fusées Ariane récentes, mais ils ne semblent pas avoir de projet tangible pour des missions habitées.

  Chez les Russes

 

Depuis la chute de l'Union Soviétique, les russes présentent énormément d’idées en matière spatiale (en fait, ils les publient dans divers médias ; avant, ils ne le faisaient pas). Le problème c'est qu'ils ne dépensent plus d'argent pour ce secteur. Il n y a donc RIEN à l'horizon.  Le programme des navettes Buran na donné qu'un unique vol spatial en mode automatique et non habité en 1988 (la navette russe ayant finalement a été détruite par l'effondrement de son hangar en 2002), les autres exemplaires de navettes, inachevées, ont fini en pots de fleurs dans des musées.  Le vaisseau spatial Soyouz est actuellement l'engin habité le plus fiable au monde avec plus de 1500 lancements. Il est juste vieux de 50 ans dans sa conception, et dune capacité très limitée…

 

Et ailleurs ?

 Je ne connais rien de précis ou sérieux qui puisse dépasser le stade du croquis fantasmatique, en l'absence de financement véritable… Si vous avez des infos

SÉRIEUSES, n'hésitez pas…

 

Mais vous voyez donc qu'en cherchant un peu, vous pouvez toujours rêver à une proche conquête de l'espace… Habité…