lundi 18 décembre 2017

Découverte de la plus grande exoplanète en dehors du système solaire et potentiellement habitable

La découverte a été effectuée par le télescope orbital américain Kepler.

Une vue artistique de l'exoplanète Kepler-1647 b devant ses deux étoiles lors d'une éclipse, réalisée le 13 juin 2016. (LYNETTE COOK / SAN DIEGO STATE UNIVERSITY LYNET / AFP)

L'information va renforcer la conviction de ceux qui croient à l'existence de la vie extraterrestre. Des astronomes ont découvert la plus grande planète en dehors du système solaire en orbite autour de deux étoiles et à une distance de ses astres qui la rend potentiellement habitable. La découverte, effectuée par le télescope orbital américain Kepler, a été annoncée lundi 14 juin à la conférence de l'American Astronomical Society qui se tient cette semaine à San Diego (Californie).

Cette exoplanète est dite circumbinaire, c'est à dire qu'elle tourne en orbite autour d'une étoile binaire. Elle est gazeuse et de la taille de Jupiter (environ 70 000 km de rayon). Baptisée Kepler-1647b, elle a également la plus grande orbite pour ce type de planète, tournant autour de ses deux étoiles en 1 107 jours soit un peu plus de trois années terrestres. Il s'agit de la onzième exoplanète de ce type découverte depuis 2005. Ces planètes sont parfois appelées "Tatooines" en référence à la saga de la Guerre des étoiles.

Une planète habitable

Kepler-1647b est vieille de 4,4 milliards d'années environ comme la Terre et se situe dans la constellation du Cygne à 3 700 années lumière (une année lumière équivaut à 9 460 milliards de kilomètres) de distance de la Terre. Les deux étoiles sont similaires à notre soleil, l'une étant légèrement plus grande et l'autre un peu plus petite, précisent les astronomes dont la découverte a été acceptée pour être publiée dans l'Astrophysical Journal.

La planète Kepler-1647b se distingue également parce qu'elle est plus éloignée (bien éloignée) de ses deux étoiles que ne le sont en général les exoplanètes connues. Elle se situe à une distance qui la rend habitable, c'est-à-dire propice à la vie. Elle n'est ni trop chaude ni trop froide, où l'eau pourrait exister à l'état liquide. S'agissant d'une planète gazeuse, la vie a peu de chances de s'y être développée, mais a pu éclore sur d'éventuelles lunes orbitant la planète.

"Outre son habitabilité potentielle, Kepler-1647b est importante car elle pourrait signaler l'existence plus fréquente d'une population de grandes exoplanètes circumbinaires avec des orbites éloignées de leurs astres", relève William Welsh, un astronome de l'université d'Etat de San Diego et co-auteur de cette découverte. En mai dernier, trois exoplanètes avaient déjà été découvertes en orbite d'une petite étoile à 40 années-lumière de la Terre.