lundi 18 décembre 2017

Les machines imaginaires prennent vie !

Scale Model World Show : Les maquettes de science-fiction

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L'édition 2016 du scale model world show de Telford, à 50 km de Birmingham au Royaume Uni vient de s'achever dimanche dernier.

Il s'agit de la plus grande exposition mondiale de maquettes, avec près de 200 exposants et 200 commerçants. Les maquettes de science-fiction, bien qu'elles ne représentent qu'un très faible pourcentage de l'ensemble des stands, sont tout de même beaucoup plus nombreuses que dans n'importe quelle exposition francaise...

Je vous propose donc un petit tour de cette fabuleuse expo, uniquement en matière de SF, bien entendu.

Je n'ai pas tout photographié, mais la majorité des oeuvres, tout de même.

Commençons par les modèles en concours :

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On commence par un blindé dieselpunk.... Sur une base de char M48 apparemment...

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 Un speeder rebelle de Star Wars...

 

 

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Un impressionnant  vaisseau d'exploration interplanétaire en scratch

 

 

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Un bot dont l'origine ne m'est pas connue..

 

 

 

 

 

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La méchante méduse du choc des titans... Il me semble qu'il  s'agit d'une grosse pièce en résine....

 

 

 

 

 

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Un mars lander en scratch...

 

 

 

 

 

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Un autre très gros blindé futuriste en scratch....

 

 

 

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Une sympathique navette spatiale en scratch...

 

 

 

 

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Un autre vaisseau spatial en scratch...

 

 

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Quelques figurines : le Pingouin de Batman, un loup garou, une horreur radioactive...

 

 

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Un très joli space marine d'Aliens...

 

 

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Diverses figurines : C3PO, Stormtrooper (gaucher !), la chose...

 

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Un autre bot typé Iron Man

 

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Très belle finition sur un robot genre Warhammer40.000, et un robot soviéque de DUst/Paolo Parente...

 

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Un très joli scrach de sous-marin Steampunk, médaille d'or...

 

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 La suite des maquettes en concours :

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Maquette de sous-marin(Moebius) tirée du film le voyage fantastique, transformée en appareil de ligne de la Pan Am. dans le style de 2001 l'Odyssée de l'espace.

 

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 Angel Interceptor ( ancienne maquette Airfix) d'après la série animée Captain Scarlet de Gerry Anderson, assez peu connue en France...

 

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Remorqueur spatial USS Potemkin de l'univers STAR TREK (TOS). Il s'agit probablement d'une résine (marque inconnue) reprenant la soucoupe et les propulseurs de l'USS Entreprise.

 

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Vaisseau rétro style années 50, sans doute inspiré par le Dragonfly de la série Johnny Quest,

 

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 L'incontournable Eagle de Cosmos 1999. Il s'agit de la maquette 1/48 MPC/Round2 sortie l'an dernier, de bien meilleure facture que le vieux modèle Airfix. Il est représenté avec un pod à bandes rouges (médical/secours).

 

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 Amusant appareil de combat scratché à partir d'un Bell UH60 et d'un Mig 29...

 

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Le célèbre Thunderbird 2 des Sentinelles de l'air. Il s'agit de la maquette Bandaï.

 

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 Pièce surprenante dans une expo anglaise : la DS volante de Fantomas ! Joli modèle bien fini, Origine exacte non connue.

 

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La maquette Pegasus du Nautilus de Jules Verne, très fortement inspirée par le film Disney 20,000 lieues sous les mers. Même si le calmar-socle est assez joli, la finition du sous-marin est assez fade.

 

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Deux Mechas : Un AT-ST Bandaï et un inconnu provenant certainement de l'univers de Warhammer 40K,

 

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Encore un Mecha impressionnant... Qui écrase.. ? Des jetons de casino ??

 

 

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Une maquette de Batmobile série originale, probablement Moebius au 1/24.

 

 

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Et pour finir, le grand prix en matière de SF à Telford : un aérocar de course Ferrari 330, La base est sans doute un très gros modèle de Ferrari 330 Berlinetta transformé...

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Impressionnant et sympathique... Mais d'une inspiration un peu limitée, à mon humble avis...

Et pas vraiment réaliste pour la conception (les prises d'air sont insuffisantes et mal placées pour que cela puisse voler ! )...

La suite des maquettes de SF hors concours/juste en expo à venir...

 

 

 

Le Museum Tomahawk 2016

 

Voici un petit aperçu du Museum que l'on pouvait découvrir durant le festival TOMAHAWK 2016 à travers ses différents participants :

 

La Breizh Steampunk Society, association du Grand Ouest ayant pour but de rassembler des amateurs de culture fantastique, était un nouvel exposant cette année.

La BSS exposait quantité d'articles étranges, avec beaucoup de démonstrations animées par ses membres.

Un cosplay sophistiqué était aussi à l'ordre du jour, comme le montrent ces quelques photos :

 

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 Démonstration sur le stand

 

 

 

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 Un grand officier, autant par la taille que part son grade !

 

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 Personnel de la BSS expliquant à un public intrigué le fonctionnement de son déphaseur à pression variable.

 

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 Une jolie steampunkette, dans sa tenue de mécanicienne de grosses machines à vapeur...

 

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 Il faut aussi une sentinelle armée pour surveiller tout ce petit monde ! Ce gardien de la BSS perdu dans ses pensées est doté du très seyant casque-bouilloire, lequel permet de prendre un thé chaud entre deux rondes...

 

 

 

Passons maintenant aux objets étranges du Professeur Berlupin...

 

Le professeur Berlupin était de retour cette année avec de nombreux artefacts nouveaux dans présentés dans sa galerie.

 

Les quelques photos qui suivent vous dévoilent quelques pièces de son impressionnante collection :

 

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 Une vue très partielle de la grande salle qui était consacrée à ses trouvailles.

 

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 Un ensemble de précieux oeufs de dragons

 

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 Un exemplaire du Necronomicon en très bon état, aussi rare que dangereux !

 

masque rituel et livre maudit

 Un autre livre maudit, ainsi qu'un masque rituel du culte de Dagon, récupéré par le professeur au péril de sa vie !

 

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 Armes et objets divers : pistolet alchimique ou d'assassin, casse-tête offert par une dryade...

 

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  Pistolet utilisant l'énergie des fées, masque à sylphes (masque à gaz plus efficace grâces à la présence de sylphes, élementaires de l'air)....

 

Pistolet à pieux

 Un étrange pistolet tirant des pieux de bois, très utile contre les vampires...

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Et enfin une terrible Jenny Haniver, un monstre marin que l'on retrouvait exposé dans les tavernes des ports de jadis (de mauvais esprits prétendent qu'il s'agissait d'une grosse raie déssechée et découpée de façon à ressembler à un monstre... On voit bien qu'ils n'ont jamais cherché à en capturer !!)

 

Et maintenant, passons aux maquettes de science fiction et de fantastique !

 

Etant donné l'important espace disponible dans le Museum, ces quelques photos reflètent essentiellement les nouveautés qui n'étaient pas exposées l'an dernier.

Ce sont principalement les réalisations des animateurs du site, ainsi que figurines aimablement mises à disposition par une amie...

L'endroit était volontairement sombre, et les maquettes éclairées. Une sonorisation évoquant le vrombissement sourd de moteurs emplissait l'espace en contribuant à un moment d' évasion dans l'imaginaire...

 

Vue générale de la salle réservé aux maquettes :

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Côté gauche : Fantasy, engins spatiaux...

 

 

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Côté droit : Engins spatiaux sur socles... Mais aussi en vol !

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C'était une occasion de les apprécier en pleine action et sur fond d'étoiles !

  

 

Honneur au fantastique et à l'héroic-fantasy !

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 Une (séduisante) harpie, un nain gardant l'entrée de sa caverne et un magicien en cours d'incantation...

 

 

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La sorcière et le boucanier sont-ils en train de comploter ? Ou essaye-t-il seulement d'apprendre un sort à son perroquet ?

 

 

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 Un improbable voyageur à la peau grise et sa sphère métallique de déplacement.

 

 

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Un rover d'exploration planétaire à huit roues, et deux soucoupes volantes bien connues de l'imaginaire : celle d'Adamsky, un charlatan des années 50/60, et celle de la série TV des envahisseurs...

 

 

 

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 Un intriguant dirigeable steampunk avec d'effrayantes dents de requin

 

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 Une exclusivité : le navire aérobie à vapeur... Vous ne rêvez pas, en battant des ailes, ce bateau peut voler dans le ciel !

 

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 Un concurrent égaré de la course Paris-Tokyo édition 2116. Comme il n'y a plus de pétrole dans le futur, vous pouvez remarquer que cette voiture est propulsée par une machine à vapeur !

 

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 Parmi quelques créations personnelles, une suite de chasseurs de Star Wars, un aigle de cosmos 1999 et l'intercepteur UFO (que vous pouvez retrouver ailleurs sur le site).

 

 

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Le Météore un étrange vaisseau spatial conçu dans les années 1880 pour aller sur la lune. Il est présenté ici encore inachevé sur sa plate-forme de départ, l'argent manquant pour terminer cet ambitieux projet. La souscription présentée dans le cadre de Tomahawk a rapporté 38 millions grâce à de généreux donateurs et devrait permettre un premier voyage.

 

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 L'impressionnante canonnière Minotaure a atterri sur une piste sommaire le temps du festival. Elle est disponible chez le fabricant à partir de 900 millions d'euros, armements et propulseur orbital en option.

 

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 Un exemple de Star Fighter réalisé en scratch, dans la lignée des vaisseaux Star Wars...

 

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 Voici comment on se représentait un alunissage à la fin des années 40... L'influence de la V2 de sinistre mémoire est évidente et marquera aussi la fusée de Tintin...

 

 

 

A suivre...

 

 

 

 

Le voyage vers la lune à la fin du XIXème siècle, ou quand le steampunk quitte la terre

Le voyage vers la lune à la fin du XIXème siècle, ou quand le steampunk quitte la terre

A la fin du 19eme siècle, le voyage vers la lune est devenu une idée fantasmatique pour quelques auteurs de fiction. Les meilleurs ont utilisé les connaissances scientifiques de l'époque pour essayer d'expliquer comment il serait possible d'y parvenir. Aujourd'hui cela semble naïf, voire ridicule...Mais pas plus que ce que l'on dira de la propulsion à antimatière des vaisseaux de Star Trek d'ici un siècle ou deux...

Tous ces auteurs présentaient leur solution " technologique " d'alors pour quitter la terre, et en particulier pour échapper à l'attraction terrestre dont les effets étaient déjà connus depuis Newton. Il faut se rappeler, et ce à une époque ou les avions n'existaient que vaguement sur le papier, que certains mathématiciens démontraient, équations à l'appui, qu'il était rigoureusement impossible de voler pour un engin plus lourd que l'air... Et les ballons à moteurs, qui allaient devenir sous peu des dirigeables, semblaient l'unique solution pour s'élever du sol.

Jules Verne, dans ses romans de la terre à la lune et autour de la lune, proposait de quitter la terre dans un obus tiré par un canon géant. L'idée pouvait même paraître réalisable en son temps. Les canons existant depuis le moyen-âge, il suffisait simplement d'en construire un énooooorme ! Les pièces d'artillerie les plus lourdes de l'époque ne portant qu'à quelques kilomètres... Il y avait tout de même des progrès à accomplir. Sans parler de l'accélération qui aurait immédiatement écrabouillé les malheureux occupant de l'obus lors du tir, phénomène totalement ignoré... Et pour lequel il n'y a toujours pas de solution actuellement !

L'auteur anglais Herbert George Wells proposait dans son roman les premiers hommes dans la lune la fabrication d'un petit vaisseau en forme de sphère recouvert de panneaux d'un matériau étrange, la cavorite.La cavorite, créée en laboratoire, avait la particularité d'être antigravitique, et s'envoler en repoussant le sol. Un vaisseau recouvert de cavorite quittait spontanément la terre, les panneaux étant dirigés vers le bas. En faisant se mouvoir ces panneaux comme des volets à l'extérieur du vaisseau, il devenait simple de choisir sa direction et de s'orienter.Hélas ! On attend encore de découvrir un matériau tel que la cavorite un siècle plus tard.

Un autre auteur, quand à lui quasiment inconnu car il n'a guère oeuvré dans la littérature, mérite d'être mentionné. Il s'agit du pasteur américain Washington Gladden. Il est plus connu pour ses cantiques et sa postions progressistes contre la ségrégation raciale et le syndicalisme ouvrier que ses vaisseaux spatiaux, mais il en a tout de même décrit un, et de manière très aboutie. En 1880, dans un conte de noël (A christmas dinner with the man on the moon) de sa revue paroissiale, il raconte l'histoire fantastique d'un homme qui emmène ses neveux sur la lune à bord d'un grand vaisseau dénommé le Météore. Cet engin, qui s'envole depuis une rampe, avec une illustration à l'appui. Il est assez bien renseigné (ou conseillé !) car il explique que l'air étant plus raréfié sur la lune, les voyageurs respirent à l'aide d'un casque relié par un tube à une réserve d'air sous forme d'un cube placé dans une poche... Pas mal pour l'époque !

En hommage à cette stupéfiante création peu connue, je vous propose donc une évocation du Météore sous forme de diorama, avant qu'il ne quitte la terre.Son vaisseau à une longue coque fuselée, à l'image des tout premiers sous-marins. Pour s'élever en l'air et quitter la terre, il utilise pour sa part des roues à aube tournant à grande vitesse... Solution aussi élégante que celle de H.G. Wells ou de Jules Verne, et qui s'inspire des navire à vapeur voguant sur le Mississipi.Arrivé à 200km d'altitude (limite de l'atmosphère qu'il évalue au double), le Météore actionne de puissantes dynamos internes et se dirige vers la lune en utilisant les lignes de champ magnétique qui existent entre la terre et notre satellite, en atteignant 20.000km/h soit environ quatre fois plus vite qu'Apollo XI...

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Les images montrent le Météore, en cours de finition sur sa rampe, entouré de véhicules à vapeur de l'époque. Le diorama n'étant pas tout à fait terminé, les personnages n' apparaîtront que dans de prochaines photos.

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Pour finir, ces auteurs rencontrent une difficulté commune sur le vol spatial. Autant ils arrivent à décrire la façon de quitter la terre, autant quand il s'agit de gagner la lune... Tout devient plus vague... L'obus de Jules Verne est incapable de manoeuvrer dans l'espace...La cavorite de H.G. Wells permet de quitter la terre, mais lorsque la gravité n'agit plus, rien n'est prévu là non plus pour se diriger vers la lune...Le vaisseau de Gladden, quant à lui, navigue sur des lignes magnétiques qui n'existent pas, la lune étant dépourvue de tout champ magnétique...

Mais ils sont le reflet de leur temps, et de rêves fantastique qui échappent toujours à la réalité !

Le Flammarion : premier vaisseau de secours interstellaire

 

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Le Flammarion est le troisième vaisseau spatial à avoir une capacité supra-luminique.

Sa construction, prévue pour durer 15 ans, s'est finalement étendue sur 19ans. Elle commencé en orbite terrestre, et a été achevée en orbite lunaire.

Suite à l'échec apparent de la mission du Nasireddin(1), il avait été décidé de modifier considérablement le propulseur à distorsion du Flammarion, afin de porter secours au premier vaisseau d'exploration.

Alors que il n'avait pas encore commencé ses essais, sa coque fut découpée pour le rallonger de 27 mètres, afin de rajouter une troisième cellule d'énergie.

Bien que similaire dans sa conception à celui de l'Alcubierre(2), le propulseur à distorsion se présente différement, car il n'est déployé que lors de son utilisation pour la partie générant le micro-trou noir.

Il avait été remarqué que les bras de l'Alcubierre étaient trop exposés aux poussières et autres débris cosmiques. Ils posaient donc des problèmes de fiabilité à terme, et pouvaient même s'avérer dangereux.

(1) Le Nasireddin n'était pas revenu dans le système solaire au terme de sa mission, laquelle prévue pour durer 16 ans.

(2) la description du vaisseau Alcubierre est à venir.

On se rendit compte après le départ du Nasireddin que la disposition des lasers en couronne de son propulseur n'était pas non plus satisfaisante, car la dispersion des faisceaux avait été largement sous-estimée.

C'est pourquoi dès sa conception, les lasers du Flammarion furent orientés vers l'avant et placés de part et d'autre de la coque principale, le micro-trou noir étant généré au dessus du poste de contrôle avant (de forme circulaire).

Cette partie du vaisseau était évidemment inoccupée lorsque le propulseur fonctionnait en raison de l'intensité des champs magnétiques générés.

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 Le Flammarion en orbite basse terrestre, alors qu'il s'apprête à faire un test de rentrée en atmosphère...

De vaisseau d'exploration interstellaire, le Flammarion devint par nécessité navire de secours. La plupart des équipements dédiés fut donc supprimée (matériel d'exploration planétaire, blocs de cabines, reserves de nourriture(3)) afin d'alléger le vaisseau pour installer la nouvelle cellule énergétique.

Ainsi modifié, le Flammarion gagna 26 % de vitesse supra-luminique, il pouvait donc atteindre jusqu'à 6,8 fois la vitesse de la lumière.

Le confort étant devenu quelque peu spartiate pour de très longues missions, la liste des équipages en compétition pour cette affectation passa de 11 à 7(4). Afin qu'il soit le plus largement visible, sa couleur changea, passant du gris perle à un ton orangé du plus bel effet.

Les essais furent limités à neuf mois afin de ne pas compromettre davantage les chances de survie de l'équipage du Nasireddin. Ils se déroulèrent entre l'orbite de la Terre et celle du Saturne(5), et ne connurent pas d'incident majeur. Deux mois de plus furent cependant nécessaires pour déterminer l'équipage vainqueur de la compétition en écartant les fraudeurs.

(3) Conformément à la Charte interstellaire du 8 mars 2117, il est hors de question que les personnels d'exploration en soient réduits à consommer des aliments recyclés.

(4) Selon certains, il ne s'agirait que d'une rumeur, la raison réelle des abandons étant plutôt le manque de préparation.

(5) Pour d'évidentes raisons de sécurité, il était interdit de passer en vitesse supra-luminique (et donc de générer un micro-trou noir) avant d'avoir dépassé l'orbite de Jupiter.

 

 

 

Uchronie : Le Laté-Dornier 2XR6

Vous connaissez les uchronies ? L'art de réécrire l'histoire à partir d'un point du passé qui aurait divergé... Voici donc une uchronie technologique permettant de raconter une petite histoire autour d'une maquette spécialement conçue pour l'occasion...

 

L'histoire du Latécoère-Dornier 2XR6

 

Suite à la disparition du chancelier nazi le 20 avril 1938 (1) et de la plupart de ses proches du parti (2), la République d'Allemagne fut rétablie le 6 juin 1938 après une rapide réforme constitutionnelle.

 En mars 1939, un ingénieur français de chez Latécoère de passage à l'aéroport de Berlin Tempelhof s'arrêta sur le Dornier-X, exposé et quelque peu abandonné.

Devant l'impressionnante machine, il eut une vision...

Retournant chez le motoriste BMW, il demanda si le projet de turboréacteur alors à l'étude pouvait déboucher sur un prototype avant la fin de l'année. Rentré en France, une entente entre Latécoère, BMW et Dornier finit par être conclue en septembre 1939. La crise économique sévissait de nouveau en Allemagne, et l'industrie aéronuatique avait besoin de débouchés.

Toujours très actif, Latécoère s'empressa d'aller vendre son projet à la nouvelle compagnie de transport aérien, Air France.

Séduite par le concept ultramoderne d'hydravion-jet colonial qui lui était présenté, Air France accepta de financer immédiatement 1/3 du projet (3) moyennant son acquisition à terme, et le fait qu'il revête rapidement les couleurs de la compagnie nationale.

Ainsi, le Laté-Dornier 2XR6 fut la vedette des affiches publicitaires d'Air France avant même de voler !

 La technologie du Do-X étant déjà ancienne, le constructeur allemand céda les plans de son hydravion pour une somme modique, en demandant que son nom fût associé au projet. Latécoère modernisa la structure en l'allégeant, remplaçant le rivetage par la soudure et l'estampage, sans toutefois la redessiner. L'idée était de doubler la capacité du Do-X à moindres frais, en joignant deux fuselage sous une même aile pourvue de nouveaux moteurs révolutionnaires.

Dscn2483 Deux fuselages d'une allure étrange...

 

La cellule complète fût achevée en novembre 1940 et assemblée près du lac Biscarosse. Les moteurs n'étaient cependant pas prèts. BMW connaissait des difficultés techniques et financières. Le premier moteur BMW 03F commença ses essais en septembre 1940, mais les six exemplaires nécessaires ne purent être livrés qu'en juillet 1941.

 L'assemblage, les tests au sol laborieux et le mauvais temps firent que le Laté-Dornier 2XR6 ne fit son premier vol que le 8 mars 1942.

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Le Laté-Dornier aux essais

 Malgré une certaine lourdeur aux commandes, l'appareil se comporta très bien et totalisait déjà soixante dix heures de vol à la fin du mois. Face à un retard de plus d'une année, Air France demanda à ce que l'exemplaire unique soit rapidement mis en service sur une ligne Biscarosse-Dakar.

 Le Laté-Dornier 2XR6 entra donc en service commercial le 17 octobre 1942, uniquement pour le trafic de marchandises et de courrier. Il fut certifié pour le transport de 120 passagers le 23 février 1943, une liaison Biscarosse-Dakar-Fort de France étant ouverte le 15 juillet 1943. Pour traverser l'Atlantique, il n'emmenait cependant que 35 passagers, car il était alors surchargé de carburant.

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L'hydravion à son arrivée à la Martinique (photo prise d'un navire de pêche)

 

La traversée de l'Atlantique durait environ 17 heures entre l'Afrique et la Martinique. L'hydravion n'utilisait que 2 ou 4 réacteurs pour l'essentiel de la traversée. Les passagers étaient enchantés par le service à bord, la décoration avec des dessins originaux de Picasso(4), et le confort de l'appareil. Il n'y avait en effet que très peu de vibrations et le silence était presque complet grâce aux réacteurs éloignés des fuselages. Un de leurs amusements préférés était de passer d'un fuselage à l'autre, grâce aux couloirs existants dans l'aile.

 Tout n'allait pourtant pas pour le mieux pour le fabricant français. Air France n'avait pas commandé d'autres exemplaires et se tournait désormais vers Lioré et Bréguet, qui lui présentaient chacun un avion multiréacteur plus moderne.

 Par ailleurs, la situation économique allemande s'améliorant, le constructeur BMW assura ne plus pouvoir produire de moteurs identiques pour le même prix, ses usines étant déjà suffisamment occupées. La cellule du Laté-Dornier était déjà ancienne et parfois sujette aux moqueries dans le milieu aéronautique(5).

 Le Laté-Dornier 2XR6 fit des liaisons hebdomadaires entre la France métropolitaine et la Martinique jusqu'au 11 août 1949, traversant l'Atlantique plus de deux cents fois. Mais il ne fut pas construit en série comme prévu quelques années auparavant.

 Le coût d'exploitation élevé (remplacement régulier des réacteurs, consommation de carburant excessive... ) ainsi que l'image désuette qu'il véhiculait petit à petit(6) conduisit la compagnie nationale à revendre l'hydravion à un transporteur local, Zénith-Mart.

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Une rare photo couleur d'époque !

 Il reprit du service en juillet 1951 et connut une nouvelle destinée en faisant découvrir les iles Antilles à des centaines de touristes émerveillés. Il avait alors été repeint et portait une superbe livrée jaune et bleue, et était connu sous le nom de Farting Yellow Seabird, ou Yellow Seabird, l'oiseau de mer jaune.

 En 1957, Zénith-Mart le mis au rebut, les pièces pour les réacteurs étant devenues introuvables.

Incapable de voler, il fut alors transformé en un restaurant flottant nommé le Baratié, un immense plancher étant alors déployé entre les deux fuselages pour accueillir vingt tables. Ses spécialités de langoustes flambées étaient alors connues de toute la Martinique. Un Ouragan violent disloqua le malheureux appareil en 1966, emportant toute la cellule au large pour la faire disparaître. Il ne reste aujourd'hui qu'un fragment d'aile de trois mètres (7) chez un particulier qui l'utilise comme toit pour son poulailler.

Ainsi s'acheva la carrière imaginaire d'un mythique hydravion de transport géant...

Notes :

(1) Il est mort de botulisme, suite à une trop grande consommation de légumes mal préparés lors d'une orgie végétarienne.

 (2) Avant de mourir, il avait ordonné l'exécution immédiate de ses proches, considérant qu'ils avaient fomenté un attentat à son encontre.

 (3) le ministère de l'air aurait aussi largement subventionné le Laté-Dornier 2XR6

 (4) Ceux ci furent toutefois finalement volés par un client indélicat équipé d'un bon stylet, et jamais retrouvés...

 (5) l'avion fut indignement surnommé « Vieille baleine à roquettes »

 (6) En 1947, des mauvaises langues prétendaient que Air France proposerait bientôt des biplans pour transporter des passagers

 (7)Identifié en 2011 par le Pr Berlupin, alors qu'il recherchait une fois de plus en vain le Baron Samedi

 

Données techniques du Laté 2XR6 :

 

Longueur : 40 m

Poids à vide : 35.100kg

 Moteurs : 4 turboréacteurs BMW 3F de 1100 kgp + 2 turboréacteurs BMW 3FR de 1400 kgp

 Equipage : 6 + 8 personnels de cabine

 Passagers : jusqu 'à 120 en version confort. (180 en version «économique » jamais construite)

 Autonomie : 4900 km

 Altitude de croisière : 2500 m

 Vitesse de croisière : 350 km/h maximale : 500 km/h